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Guerre 

d'INDOCHINE

1946-1954

Déroulement détaillé du conflit

Retour des forces françaises 1945-1946

Le 24 mars 1945, le Gouvernement provisoire de la République française déclara vouloir créer une Fédération indochinoise au sein de l'Union française. Il envoya dès le début de 1945 trois émissaires (Pierre Messmer, Jean Sainteny et Paul Mus) en Indochine, encore sous le contrôle de l'administration pétainiste. Largués en parachute par les Britanniques de Colombo, seul Paul Mus réussit à s'échapper au Yunnan, les deux autres étant faits prisonniers par les Japonais.

Le 2 septembre 1945, le Japon signe officiellement sa capitulation. La conférence de Potsdam avait confié le désarmement japonais, en Indochine, aux Chinois nationalistes de Tchang Kaï-chek pour la partie Nord, et à la Grande-Bretagne pour la partie Sud. La France doit agir vite pour réaffirmer sa présence. Le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, nomme l'amiral Thierry d'Argenlieu, Haut Commissaire de France et commandant en chef et le général Leclerc, commandant supérieur des troupes, avec pour mission de rétablir la souveraineté française sur l'Indochine libérée, mais, en faisant « du neuf », c'est-à-dire en construisant une Fédération indochinoise autonome au sein de la nouvelle Union française. La Marine est chargée de convoyer en Indochine les forces armées placées sous les ordres du général Leclerc.

Le 2 septembre 1945, à Hanoï, sur la place Ba Dinh, en une cérémonie au rituel confucéen avec tous les corps constitués, Hô Chi Minh lut la déclaration d'indépendance, dont le préambule est copié sur la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen16. L’empereur Bao Dai « choisit » de s'associer en tant que « conseiller spécial » du premier gouvernement de la République démocratique du Viêt Nam, assurant ainsi la continuité du pouvoir vietnamien et la légitimité de ce gouvernement. Ce geste vaudra à Bao Dai d'être exilé à Hong Kong par les autorités françaises, avant que ces mêmes autorités ne le ramènent de cet exil, peu de temps après, pour lui confier, à Saïgon, la création de l'État du Viêt Nam « indépendant »…

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Débarquement (septembre 1945)

Les premiers débarquements alliés ont lieu à Saïgon du 5 au 12 septembre 1945, avec la 20e division indienne du général Douglas David Gracey, complétée d'un détachement français symbolique, sous uniforme britannique, le 5e RIC, ex-Corps léger d'intervention.

La reconquête française commença vers la fin de l'été 1945, saison marquée par une terrible famine dans le nord qui fit un million de morts. Les Japonais avaient réquisitionné toute la récolte de riz. Traditionnellement, le riz du Sud venait combler les carences entre deux récoltes au nord. Les destructions et le pillage des Japonais d'une part, et la pénurie des moyens de transport d'autre part ne permirent pas de faire venir le riz en provenance du Sud en quantité suffisante.

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Octobre 1945 : Leclerc et d'Argenlieu sont à Saïgon

Quatre mois plus tard l'autorité française est rétablie au protectorat du Cambodge et dans la colonie de Cochinchine (Sud du Viêt Nam actuel). Pour établir les bases de la Fédération indochinoise voulue par la France, il reste à reprendre le contrôle du Laos, de l'Annam (Viêt Nam central) et surtout du Tonkin (Nord du Viêt Nam), où Hô Chi Minh a proclamé à Hanoï le 2 septembre la République démocratique du Viêt Nam. L'amiral Thierry d'Argenlieu a pesé lui-même chaque mot[réf. nécessaire] de la convention signée le 6 mars 1946, à sa demande, par Jean Sainteny avec Hô Chi Minh, en plein accord avec le général Leclerc (accords Hô-Sainteny).

Les troupes françaises débarquèrent au port de Haïphong et entrèrent dans Hanoï sous la conduite du général Leclerc sans tirer un seul coup de feu, grâce aux négociations avec Hô Chi Minh qui avait été préconisées par Leclerc, qui alla jusqu’à recommander à la France d'utiliser le mot « indépendance » (Doc Lap). Hô Chi Minh a accepté cet accord pour se débarrasser de l'armée chinoise qui pillait le Tonkin et aurait vraisemblablement fini par éliminer le Việt Minh.

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En juillet 1946, Leclerc rentre en France

Voici son diagnostic lucide sur la situation :

« J'ai recommandé au gouvernement la reconnaissance de l’État du Viêt Nam, il n'y avait pas d’autre solution. Il ne pouvait être question de reconquérir le Nord par les armes, nous n'en avions pas, et nous n'en aurions jamais les moyens. Rappelez-vous le Sud. Ici l'insuccès est certain… Il faut garder le Viêt Nam dans l'Union française, voilà le but, même s'il faut parler d'indépendance. À Fontainebleau doit être trouvée une solution garantissant à la France au moins le maintien de ses intérêts économiques et culturels… étant entendu que Hô Chi Minh persistera à vouloir se débarrasser de nous… Pour cela, tendez la corde, tirez dessus… mais surtout qu'elle ne casse jamais !… Il nous faut la paix ! »

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Rupture politique et militaire (novembre - décembre 1946)

Après le bombardement du port de Haiphong le 23 novembre 1946 par l'artillerie de l'Armée de terre française, qui marque un revirement total de la politique menée jusqu'alors par le gouvernement français vis-à-vis de la République démocratique du Viêt Nam, il apparaît clairement qu'Hô Chi Minh ne jouera plus l'option de la Fédération indochinoise. Le 19 décembre 1946, l'insurrection de Hanoï marque le début de la guerre : le gouvernement de la République démocratique du Viêt Nam déclenche des hostilités dans tout le nord du Viêt Nam, et entre dans la clandestinité.

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Une guérilla sanglante, sans possibilité de faire marche arrière

Le 19 décembre 1946 marque le début de la guerre d'Indochine : après le bombardement du port de Haiphong le 23 novembre 1946 par l'artillerie de l'Armée de terre française, le Việt Minh , dirigé par Hô Chi Minh, décide de lancer une offensive ayant pour but la libération de la ville de Hanoï. À 20 heures, une explosion dans la centrale électrique de la ville annonce le début de l'insurrection. Des ressortissants français sont massacrés et des maisons pillées. Ho Chi Minh appelle tout le peuple vietnamien à se soulever contre la présence française :

« […] Que celui qui a un fusil se serve de son fusil, que celui qui a une épée se serve de son épée… Que chacun combatte le colonialisme. »

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Demande infructueuse d'un soutien américain à la décolonisation (Nord)

Hô Chi Minh chercha alors le soutien des États-Unis par un télégramme à Harry S. Truman, mais celui-ci marquait un arrêt dans la politique de décolonisation de Roosevelt. L'Union soviétique ne disposait pas encore de l'arme nucléaire, et la Chine restait sous la férule de Tchang Kaï-chek. L’Indochine française de 1946 s'est alors retrouvée dans les prémisses de ce qui participera plus tard à la guerre froide. C’est dans ce contexte local que les États-Unis ont été, petit à petit, impliqués en Indochine.

Aguerrie dans la guerre du peuple, l’armée populaire vietnamienne se fondait sur la mobilité des dispersions d’évitement et concentrations de frappe pour compenser sa faiblesse matérielle. C’était « le combat du tigre et de l’éléphant » annoncé par Hô Chi Minh : le tigre tapi dans la jungle allait harceler l’éléphant figé qui, peu à peu, se viderait de son sang et mourrait d’épuisement.

Cette fluidité permettait à la jeune armée populaire l’initiative du refus ou de l’acceptation des combats, de fixer ici et déplacer là les troupes françaises qui n’occupaient que les villes, les axes routiers, les voies d’eau et la ligne du chemin de fer trans-indochinois. Les pertes françaises devenaient de plus en plus grandes dans les attaques de convois de ravitaillement, de postes isolés et d’épuisantes patrouilles à la recherche d’un ennemi qui apparaissait et disparaissait comme des fantômes. Souvent, l’attaque d’un poste avait pour but la sortie d’une colonne de secours à détruire.

L’Armée populaire vietnamienne était à la base constituée des troupes locales d’autodéfense des hameaux et villages. Ces troupes locales étaient à la fois l’académie militaire et l’école de guerre, dont les membres méritants rejoignaient les troupes régionales qui opéraient dans des districts plus vastes. Une concentration de troupes locales pouvait prêter main-forte à un élément des troupes régionales, qui pouvaient également se disperser en troupes locales.

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La création de l'État du Viêt Nam par la France au Sud

En 1949, la France, voulant créer un contrepoids politique à la République démocratique du Viêt Nam proclamée à Hanoï en 1945 et au Việt Minh, créé à Saïgon un État du Viêt Nam « indépendant » sous la direction de l'empereur Bao Dai ramené à cet effet de son exil de Hong Kong. La guerre de reconquête coloniale se transforme alors progressivement en une guerre civile[non neutre].

L’empereur Bao Dai a signé les accords franco-vietnamiens avec son nom civique « Vinh Thuy » n’engageant que lui-même en tant que citoyen, et non avec son nom dynastique « Bao Dai » qui pouvait engager tout le pays dont il était le souverain.

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Un changement majeur en Chine devenue communiste

Une patrouille de légionnaires en zone contrôlée par les Viêt Minh. Le M24 Chaffee a été fourni par les Américains.

Lorsque le Parti communiste chinois de Mao Zedong prend le contrôle de la Chine continentale, le Kuomintang de Tchang Kaï-chek se réfugiant à Taïwan, la Chine devient un allié de la République démocratique du Viêt Nam et du Việt Minh.

Les immenses camps américains du Sud de la Chine deviennent des centres de détention, d'armement et d'entrainement des troupes du Việt Minh qui multiplie ainsi les divisions armées, alors que les gouvernements français envoient des renforts au compte-goutte.

L’arrivée de Mao Zedong à Pékin met fin à l'isolement diplomatique et militaire du Việt Minh et amplifie la menace communiste ressentie par les États-Unis.

La France concède théoriquement à l'État du Viêt Nam une souveraineté en matière de diplomatie, et crée une « armée nationale » sous commandement français et agissant comme force supplétive des forces françaises d'Indochine. La France accorde leur indépendance aux royaumes du Laos et du Cambodge, de la même façon qu'elle l'a accordée au Viêt Nam.

 

Le conflit au Viêt Nam s'amplifie

Avec l'expérience acquise au combat, l'Armée populaire vietnamienne inflige une série de revers aux troupes françaises dans la haute région de Cao Bang et Lang Son (bataille de la RC 4). Le projet initial de « reconquête coloniale » s'est épuisé dans un interminable enlisement, a entraîné une grande lassitude dans l'armée française d'Indochine et dans le gouvernement français, ainsi qu'une opposition croissante de l'opinion publique française à une guerre dont les enjeux étaient de moins en moins clairs, dès lors que le Viêt Nam, le Laos et le Cambodge étaient, au moins en théorie, devenus indépendants. La « reconquête coloniale » sortit des objectifs politiques.

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En octobre 1950, le Việt Minh lance l'offensive dans le Nord-Est du Vietnam ; c'est la terrible défaite française de la route coloniale no 4 (RC 4) dans les calcaires de Dong Khé, où l'armée française perd 7 000 hommes, tués, disparus et prisonniers, et une énorme quantité de matériel. La guerre d'Indochine a en fait été perdue en octobre 1950, car les troupes françaises évacuèrent toute la région bordant la frontière chinoise et ne contrôlèrent plus au Tonkin que le delta du fleuve Rouge et quelques gros postes. La panique s'empara alors du gouvernement français à Paris. Le général de Lattre de Tassigny est envoyé en Indochine pour redresser la situation mais doit immédiatement faire face à des offensives Việt Minh. Il parvient à vaincre trois fois ses ennemis, notamment aux batailles de Vinh yen et de Mao khê, écartant définitivement toute menace sur Hanoï, mais ne peut les anéantir. Ayant assuré la construction d'une ligne de défense, de Lattre commence à chasser les Việt Minh du delta du fleuve Rouge et décide de lancer une contre-offensive dans la région de Hoa Binh, qu'il pense pouvoir être décisive mais, atteint d'un cancer de la hanche, il doit repartir pour la France. Sous l'égide de son successeur Raoul Salan, cette offensive, concluante au début (Giap échoue lors de la bataille de Na San, un camp fortifié français sur la route Hanoi-Diên Biên Phu que Giap essayait de couper), s'épuise d'elle-même (Hoa Binh doit être évacué en catastrophe) et doit être arrêtée sans résultat décisif. En France, de Lattre, qui doit défendre son projet d'envoyer des renforts en Extrême-Orient, voit sa santé se dégrader et meurt en janvier 1952.

 

Une guerre contre le communisme

Les marines française et américaine ont évacué 293 000 réfugiés vietnamiens fuyant la zone nord, où la souveraineté de la République démocratique du Viêt Nam a été rétablie (octobre 1954).

Avec la guerre de Corée qui a focalisé l’anti-communisme vers l’Extrême-Orient, la France tente alors de transformer une guerre de reconquête coloniale dont elle a elle-même reconnu l'échec en proclamant l'indépendance du Viêt Nam, du Laos et du Cambodge, en croisade anticommuniste, cette fois-ci pour la « défense de l’Occident sur le Rhin et le Mékong ». Dès lors, la France fait en Indochine une guerre avec les dollars américains et le sang des troupes françaises et coloniales. Le président Harry Truman signe avec l'État du Viêt Nam des accords d’aide militaire, que la France se charge de mettre en œuvre. Ainsi, les États-Unis, pourtant profondément anti-colonialistes mais agissant maintenant dans le cadre de la guerre froide, mettent le doigt dans un engrenage qui s’avérera fatal (cette aide militaire continuera d'ailleurs après le départ des Français en 1955). Avec l’afflux de matériels militaires des deux côtés, les combats se sont évidemment intensifiés.

Avec l'argent et le matériel américains et le sang des légionnaires et des troupes d'Afrique, la France continue à mener une guerre s'inscrivant maintenant dans le cadre de la guerre froide, dans une suite de « scandales » et « d'affaires », comme l'affaire des piastres.

« En revanche, l’économie française tirait profit indirectement de la guerre. Grâce aux apports en devises américaines, non seulement elle n’était plus obérée par les charges militaires, mais encore elle pouvait poursuivre son effort d’investissement et ses achats à l’étranger. La plus grande partie des dollars donnés pour l’Indochine était affectée à l’équilibre des comptes. C’est ce qui faisait dire à un expert qu’on « avait transformé l’armée en une industrie d’expansion. C’est une des raisons pour lesquelles le gouvernement français s’opposait fermement à ce que l’aide financière américaine fût versée directement aux États associés, comme les Américains le souhaitaient… » »

— Yves Gras, Histoire de la guerre d’Indochine p. 489, Plon, Paris, 1979.

En 1952, l’armée populaire vietnamienne lance des attaques contre les fortins de la « Ligne De Lattre » derrière laquelle se sont retranchées les troupes françaises. Tout en continuant les coups de main et les embuscades, l’armée populaire se retire pour se préparer à des opérations sur une plus grande échelle.

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L'aide des États-Unis ne suffit pas

Le général Dwight Eisenhower devient président des États-Unis en 1953 ; il est le premier à avancer la « théorie des dominos », et continue à soutenir la défense de l'Indochine contre le communisme.

En septembre 1950, les États-Unis avaient créé le Military Assistance Advisory Group (en) (MAAG) pour regrouper les demandes d'aide française, conseiller en stratégie et entraîner les soldats vietnamiens18. L'aide américaine s'accroît considérablement cette année-là, tant en proportion des dépenses totales qu'en valeur absolue. Pour l'année fiscale américaine 1951-1952, le financement américain se montait à 330 millions de dollars, soit 20 % du coût de la guerre. En 1953-1954, ce financement monta à 785 M$ soit 41 % de l'effort de guerre. En tout, entre 1951 et 1954, les États-Unis déboursent 1,525 milliard de dollars (14 milliards actuels).

Il y eut également des discussions entre les Français et les Américains sur la possibilité d'utilisation de trois armes nucléaires tactiques, bien que les rapports sur le niveau de probabilité, et sur qui en a fait la proposition soient vagues et contradictoires. Une des versions du plan proposé - opération Vulture (en) - prévoyait d'envoyer 60 B-29, B-36 et B-47 depuis des bases américaines, appuyés par 150 chasseurs lancés depuis des porte-avions de la septième flotte pour bombarder les positions du commandant Việt Minh Vo Nguyen Giap, avec l'option d'utiliser jusqu'à trois armes atomiques. L'amiral Arthur W. Radford, chef d'état-major des armées des États-Unis, donne son accord à l'option nucléaire.

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Le statut-quo militaire

De son côté, la menace sur les centres importants étant écartée, le général Salan entreprend de prendre l'initiative. Il lance une série d'offensives, et ne connaît guère de défaites tactiques, mais le CEF doit systématiquement se replier faute de moyens et d'avoir pu porter un coup décisif.

Le général Navarre rapporte au gouvernement français qu’il n’y a pas de possibilité d’une victoire militaire étant donnée la faiblesse des moyens du CEF, mais promet une grande offensive avec l’opération Castor, qui consiste à occuper l’ancienne piste d’aviation japonaise de Diên Biên Phu pour verrouiller le passage au Laos de l’armée populaire, opération militaire qui avait pour but politique de permettre à la France de négocier à Genève la fin de la guerre en position de force.

En dépit de l'héroïsme dont font preuve le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient et l’Armée nationale vietnamienne, la bataille de Diên Biên Phu est perdue en 57 jours. Les combats continuent avec intensité pendant trois mois.

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Annonce des accords finaux

Le nouveau gouvernement, dirigé par Mendès France, promet alors de conclure les accords de Genève au plus tard au mois de juillet 1954, ce qui advient le 22 juillet 1954.

Le général Gras conclut au sujet de Diên Biên Phu :

« il n'y a pas de places fortes imprenables lorsqu'on renonce à les secourir. Le camp retranché a fini par tomber, comme sont tombées, au cours de l'histoire, toutes les forteresses assiégées abandonnées à leur sort »

— Général Yves Gras, Histoire de la guerre d'Indochine, Éditions Denoël, 1992, p. 561.

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Les accords de Genève du 24 juillet 1954 reconnaissent l'indépendance du Laos, du Cambodge et le partage temporaire du Viêt Nam en deux zones de regroupement militaire (l'Armée populaire vietnamienne au nord du 17e parallèle, et le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient au sud de cette zone de démarcation militaire). La souveraineté de la République démocratique du Viêt Nam était reconnue par ces accords au nord du 17e parallèle, celle de l'État du Viêt Nam sous administration franco-vietnamienne au sud de ce parallèle, et la réunification entre les deux zones était envisagée pour 1956, après référendum. Une Commission internationale de contrôle (CIC) avait été créée pour surveiller l'application des accords d'armistice. Elle était constituée par le Canada, la Pologne et l'Inde.

Les accords de Genève prévoyaient des élections en 1956, afin de former un gouvernement unifié pour tout le Viêt Nam. Toutefois, en parallèle de la conférence de Genève en juin 1954, l’empereur Bao Dai, chef de l'État du Viêt Nam, a rappelé des États-Unis Ngô Dinh Diêm pour en faire son Premier ministre.

À la suite des accords de Genève, dont l'État du Viêt Nam et les États-Unis n'avaient pas signé la déclaration finale, et ainsi libéré des obligations de respecter ces accords, Ngô Dinh Diêm, un fervent catholique qui haïssait le communisme, organisa avec l'aval des États-Unis un référendum manifestement truqué, avec plus de voix favorables que d’électeurs, et créa la république du Viêt Nam le 26 octobre 1955, avec lui comme chef d’État. C'est contre cette dictature du régime de Diêm que s'est formé le Front national de libération du Sud Viêt Nam (dit également Viêt Cong) en 1956. Des éléments du Việt Minh résidents au sud ont alors repris le combat contre ce gouvernement, menant alors à la Deuxième Guerre d'Indochine de réunification, plus communément appelée guerre du Viêt Nam, qui durera de 1954 à 1975.

Les derniers soldats français quittèrent Saïgon vers le 10 janvier 1957. En décembre 1955, déjà 85 % des effectifs des soldats de l'Union française étaient rentrés en métropole. Ils furent progressivement remplacés par des conseillers militaires américains qui formaient l'armée de la république du Sud Vietnam, et à partir de 1961, avec la Seconde Guerre du Vietnam, l'armée américaine prit la relève.

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La guerre d'Indochine vue de la métropole française

Pour l'essentiel, l'opinion publique française était largement indifférente à cette guerre lointaine, menée par des professionnels dans des contrées éloignées, comme le démontre Jean-Pierre Rioux en se fondant notamment sur les travaux de Charles-Robert Ageron, d'Alain Ruscio et les sondages de l'IFOP de la période, 75 % d'entre eux s'en désintéressaient23. Au demeurant, à l'exception du Mouvement républicain populaire qui y est favorable, aucun parti politique français n'en fait son cheval de bataille, pas même le Parti communiste français24, seule une partie de ce parti (et de la CGT) qualifiée de « marges les plus engagées » par ce même historien, eurent parfois recours à des actions violentes ou à des actions de propagande, comme Henri Martin dont le procès mobilisera bien plus que la lutte contre la guerre, notamment chez les intellectuels, au premier chef chez les « compagnons de route ». Cependant sur le terrain et des militaires communistes ou communisants du fait de la similarité de leur combat messianique pour un monde fraternel, de leur passé patriotique de résistants, ne purent comprendre une guerre par ailleurs de même nature que celle menée par les Allemands en France entre 1940 et 1944. À ce titre ils désertèrent et s'engagèrent dans le Việt Minh.

« Il arrive justement où tu ne peux plus supporter le travail qu'on te fait exécuter… Le drapeau rouge, nos adversaires — les « Viet » comme ils disaient à l'armée — l'arboraient fièrement en nous donnant l'assaut ! Comme les ouvriers de la Commune en 1871, comme les bolcheviks à Léningrad. Et les appels à la lutte contre l'oppression, au combat pour l'indépendance, les soldats vietnamiens en écrivaient en français avec de grandes lettres blanches, dans les villages, comme le faisaient les mômes du FTP, les anciens des Jeunesses communistes, quand ils se battaient contre les nazis. Tout était désormais à l'envers et je n'y comprenais plus rien… ».

En 1948, après discussion, le parti communiste — par la voix de Maurice Thorez — décide officiellement d'encourager les jeunes militants à accepter l'engagement dans l'armée afin de veiller au respect des conventions de Genève, lors des captures de prisonniers ou des ratissages de villages, et de s'opposer aux massacres de villages.

Parmi les actes d'opposition à la guerre, on peut citer :

En 1976, Jean Ferrat composera une chanson sur « les guerres coloniales, les guerres du mensonge » que furent pendant trente ans les deux guerres du Vietnam. Au cinéma, il faut attendre 1980 pour qu'un film traite des massacres de l'armée française en Indochine, Charlie Bravo par Claude Bernard-Aubert.

On peut également noter le très pessimiste rapport Revers sur la situation militaire française en Indochine, qui vaudra à son auteur d'être mis à la retraite d'office en 1950 — décision annulée par le Conseil d'État en 1962 — tant son ébruitement auprès du Việt Minh fera scandale, peut-être sur fond de rivalités de services entre le SDECE (armée) et la DST (police).

L'indifférence de la population métropolitaine eut des conséquences importantes :

  • la population ne se mobilisa pas pour la guerre ;

  • les volontaires étaient relativement peu nombreux ;

  • l'état-major et le gouvernement n'engagèrent jamais le contingent comme ils le firent plus tard en Algérie.

Ceci fut un facteur décisif dans la décision de l'état-major de créer une armée vietnamienne, ce qui était précisément l'une des préconisations du général Revers et celle du gouvernement d'entamer des négociations.

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Otages du Viêt Minh et camps de rééducation

Durant le conflit, le Việt Minh effectue de nombreuses prises d'otage, incluant des civils. Beaucoup de prisonniers militaires français passent dans des camps d'internement, situés dans les régions sous contrôle indépendantiste. Il semble que jusqu'en 1949 environ, la grande majorité des prisonniers ait été tuée. Ensuite, le Việt Minh conserve les captifs dans des camps en Haute région. Selon les sources militaires, le nombre de captifs varie, à l'été 1954, entre 22 474 et 21 526. Environ 40 % des prisonniers ne reviendront jamais.

Les enquêtes n'ont permis d'identifier avec certitude que 3 768 décès au plus, le sort des autres prisonniers restant un mystère. Certains otages, comme l'administrateur colonial René Moreau capturé en 1946, sont gardés prisonniers durant huit ans. Les prisonniers du Corps expéditionnaire sont soumis à une tentative de « rééducation » par des commissaires politiques, qui tentent de leur inculquer le marxisme. Quelques communistes étrangers, dont des Français, prêtent main-forte au Việt Minh dans cette entreprise. Dans certains camps, de juillet à août 1954, le taux de décès atteint les 50 %.

Le sort des prisonniers dans les camps de rééducation a longtemps été méconnu du grand public : l'affaire Georges Boudarel a contribué à le rappeler à l'opinion public dans les années 1990.

Une Association nationale des anciens prisonniers internés déportés d'Indochine (ANAPI) a été créée.

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Opération Passage to Freedom (août 1954-mai 1955)

À la suite des persécutions orchestrées par le Việt Minh et subies par les Vietnamiens catholiques et loyalistes, s'ensuivit la plus importante opération d'évacuation de l'Histoire, l'opération Passage to Freedom.

 

Déroulement local 

 1946-1949

Le tournant de 1949 : la Chine s'implique pour soutenir le Nord 

 1949

 L'enlisement à grande échelle 

 1950-1954

La sortie de la guerre : un échec 

 1954-1956

PERSONNAGES CLÉS

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Pierre Schoendoerffer

D'abord Marin, Appelé pour son service militaire, il rentre en France. À la lecture du Figaro il est frappé par un article de Serge Bromberger sur le caméraman Georges Kowal qui vient d'être tué. Il s'inscrit comme volontaire, intègre le Service cinématographique des armées et part en Indochine. Il est nommé caporal, puis caporal-chef. Il y rencontre Raoul Coutard, qui devient plus tard son opérateur. Il filme la guerre de 1952 à la chute de la bataille de Ðiện Biên Phủ en 1954 où il est fait prisonnier avec toute la garnison.

Libéré fin août par les accords de Genève, il reste en Indochine et se fait démobiliser sur place en janvier 1955. Il devient alors photographe pour de grands magazines étrangers et, avec le pécule que lui rapportent ses reportages photographiques, il décide de boucler son tour du monde en rentrant par l'Est.

Il parle de son expérience en tant que reporter de guerre dans le film Les Yeux brûlés de Laurent Roth. Sur le DVD du film figure également en bonus le film Pierre Schoendoerffer, La Peine des hommes, reconstitution de l'entretien intégral de Pierre Schoendoerffer lors du tournage du film Les Yeux Brûlés : il y commente avec passion le métier de la guerre, l’art de la filmer et le sort de son frère d’armes Jean Péraud disparu à Ðiên Biên Phủ. En conclusion, un montage d’archives présente sa libération au milieu des soldats français prisonniers du Vietminh durant l’été 1954.

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Philippe Leclerc de Hauteclocque

Ce n'est que le 5 octobre que Leclerc, après avoir enfin reçu l'autorisation des Alliés, peut débarquer en Indochine pour en entamer la reconquête et participer au désarmement des troupes japonaises. La destruction de l'administration coloniale par les Japonais en mars 1945 et la reddition des Japonais en août, ont laissé le territoire indochinois en plein chaos, les indépendantistes vietnamiens, cambodgiens et laotiens ayant les mains libres. Hô Chi Minh, chef du Việt Minh communiste, a notamment proclamé le 2 septembre 1945 l'indépendance du Viêt Nam. La reprise en main du Cambodge est aisée : le roi Norodom Sihanouk ayant invité les Français à rétablir leur protectorat, Leclerc peut arrêter facilement le premier ministre indépendantiste Son Ngoc Thanh.

La situation est nettement plus complexe en territoire vietnamien, où les hommes de Leclerc parviennent progressivement, entre octobre 1945 et janvier 1946, à rétablir la souveraineté française dans toute la Cochinchine, puis dans le Sud-Annam, tandis que le nord de l'Annam et tout le Tonkin demeurent sous le contrôle du Việt Minh. Les accords Hô-Sainteny permettent finalement de débloquer la situation en lançant un processus de négociations avec les indépendantistes communistes vietnamiens. Le 18 mars 1946, le Corps expéditionnaire, commandé par Leclerc, peut enfin faire son entrée dans Hanoï. Le 26 mars, Leclerc rencontre Hô Chi Minh, et leur prise de contact se passe bien, Leclerc étant favorable à une résolution par la voie politique de la crise qui secoue la colonie française. En mai 1946, les troupes de Leclerc achèvent de reprendre le contrôle de l'Indochine en s'assurant celui du Laos 50.

Le 12 juillet 1946, Leclerc est nommé inspecteur des forces terrestres en Afrique du Nord. Pour qu'il accepte plus facilement ce poste moins prestigieux, il est promu général d'armée deux jours plus tard 51.

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Jean de Lattre de Tassigny

Le 6 décembre 1950, de Lattre devient haut-commissaire, commandant en chef en Indochine et commandant en chef du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. Il arrive à Saïgon le 17 décembre 1950 et met sur pied une Armée nationale vietnamienne.

Il redresse la situation au Tonkin et remporte des victoires contre le général Giap, notamment à Vinh Yen (18 janvier 1951) où il se rend personnellement, Dong Trieu, Mao Khé (mars 1951), Ninh Binh (mai 1951) et à la bataille du Day, en juin.

De Lattre se rend à Saïgon en juillet pour lancer un appel à la jeunesse vietnamienne et assister, auprès de l'empereur Bao Dai, au défilé du 14 Juillet.

En septembre, il assure des missions à Washington où il est reçu par le président Truman et au Pentagone et répond à une entrevue télévisée dans l'émission Meet the Press sur le problème indochinois, Londres et Rome auprès du pape Pie XII.

Il retourne en Indochine le 19 octobre, alors qu'une nouvelle attaque du Viet Minh vient d'être repoussée à Nghia Lo, en pays Taï.

De Lattre doit alors rentrer en France pour participer à la conférence des États associés et faire un compte rendu de la situation en Indochine. Il la quitte définitivement le 15 novembre 1951, après être allé saluer ses soldats à Hoa Binh où une opération aéroportée vient de se dérouler la veille.

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Henri Eugène Navarre

En mai 1953, à la demande expresse du président du Conseil René Mayer et malgré ses réserves, Navarre remplace le général Salan au poste de commandant en chef des forces françaises en Indochine. Général peu connu, proche du général Juin, Navarre représente, selon Jean Pouget qui fut son aide de camp en Indochine, "un des types les plus purs du militaire occidental" : "Sa mécanique cérébrale, admirable de précision, formée aux raisonnements glacés des synthèses de renseignements, ne voudrait connaître que les données techniques du problème, les chiffres des besoins, les calendriers d'exécution, car là s'arrête la compétence du commandant en chef."

Navarre est chargé par Mayer de trouver une « sortie honorable » à la guerre. Après une tournée d'inspection sur le terrain, il retourne en juillet à Paris pour proposer un plan.
Après avoir évacué la base de Na San du 7 au 12 août 1953, Navarre a l'intention d'adopter une attitude défensive dans le Tonkin avec néanmoins des opérations ponctuelles (« Hirondelle », « Camargue » et « Mouette ») tout en continuant la pacification de la Cochinchine en attendant que l'Armée nationale vietnamienne prenne le relais.

Ses demandes de renforts restent vaines auprès du gouvernement. Pourtant, Navarre se décide à investir la plaine de Dien Bien Phu (opération Castor) et d'y installer un camp retranché destiné à prévenir les attaques du Viet-Minh contre le protectorat du Laos. Cette décision de s'installer dans une plaine entourée de collines est un choix militairement audacieux mais assumé par le général Navarre car ce positionnement dangereux fait partie de sa stratégie et que les moyens à sa disposition ne lui permettent d'envisager que des batailles défensives visant à épuiser des forces ennemies qui sont, à ce stade de la guerre, très organisées et supérieures en hommes et en matériels. Persuadé du bien-fondé de sa stratégie, le général pense qu'en se positionnant à Dien Bien Phu il attirera l'armée viet-minh qu'il pourra vaincre, malgré son positionnement désavantageux, grâce à la supériorité de ses troupes et une bonne préparation à subir un état de siège. L'idée stratégique est donc de tendre un piège à l'armée viet-minh en l'attirant vers une proie d'apparence facile afin de briser son avancée vers le Laos. Bien que préparé et informé de la préparation de l'offensive viet-minh dans les collines encerclant la base française, le général Navarre ne prend pas en compte les renseignements dont il dispose.

L'armée viet-minh, bien préparée (grâce notamment à du matériel chinois et russe) assiège violemment la base française pendant presque deux mois. La bataille de Diên Biên Phu est un échec complet pour l'armée française, prise à son propre piège. En janvier 1954, il lance l'opération « Atlante » en Centre-Annam pour éliminer les unités militaires du Viêt-Minh et permettre aux forces du régime de l'empereur Bảo Đại de prendre le contrôle politique et administratif de cette zone.

Considéré comme le principal responsable de la chute de Dien Bien Phû, d'autant qu'il a maintenu l'opération « Atlante » pendant toute la bataille (13 mars-7 mai), Navarre est remplacé le 3 juin 1954, avec le général Salan comme adjoint militaire, par le général Ely, nommé, haut commissaire en Indochine, car il remplace aussi le haut commissaire Dejean.

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Marcel Bigeard

Au milieu de l'année 1945, le capitaine Bigeard est chargé du commandement de la 6e compagnie du 23e régiment d'infanterie coloniale à Villingen en Allemagne. Désigné pour participer au corps expéditionnaire en Indochine, le régiment débarque à Saigon le 25 octobre 1945 et participe jusqu'en mars 1946 aux opérations de pacification en Cochinchine.

C'est à cette époque que l'on commence à lui donner le surnom de « Bruno » qui est son indicatif radio.

Le 8 mars 1946, un détachement de la 2e DB et un de la 9e DIC, dont fait partie le 23e RIC, débarquent à Haiphong au Tonkin.

Le 1er juillet 1946, Bigeard quitte le 23e RIC et forme à Thuan Chau, au sud-est de Dien Bien Phu, une unité constituée de quatre commandos de 25 volontaires chacun au sein du bataillon autonome thaï du lieutenant-colonel Quilichini. Au retour de ses hommes en métropole, mi-octobre 1946, il prend le commandement de la 3e compagnie, constituée de 400 hommes environ. Il quittera l'Indochine le 17 septembre 1947 et atterrira trois jours plus tard à Orly.

Volontaire pour un second séjour en Indochine, Bigeard est affecté le 1er février 1948 au 3e bataillon colonial de commandos parachutistes, sous les ordres du commandant Ayrolles, à Saint-Brieuc et prend le commandement du groupement de commandos parachutistes n° 2. Quand le 3e para débarque à Saïgon en novembre 1948, Bigeard, qui ne s'entend pas avec son supérieur, parvient à faire détacher son groupement au détachement Amarante du commandant Romain-Desfossé à Haiphong.

Le 1er octobre 1949, Bigeard met sur pied à Son La le 3e bataillon thaï, comprenant 2 530 hommes répartis en cinq compagnies régulières et neuf compagnies de gardes civils et de supplétifs militaires. Relevé de son commandement à la suite d'un différend avec l'administrateur de la province, Bigeard est muté à Haïduong et prend le 5 avril 1950 le commandement du bataillon de marche indochinois qui reçoit, en août, le drapeau du 1er régiment de tirailleurs tonkinois décoré de la croix de guerre avec palme. Le 12 novembre 1950, Bigeard embarque à Saigon sur le paquebot La Marseillaise et quitte une nouvelle fois l'Indochine.

Au printemps 1951, Bigeard est affecté à Vannes à la demi brigade coloniale du colonel Gilles et se voit confier le bataillon de passage. En septembre 1951, il obtient le commandement du 6e bataillon de parachutistes coloniaux à Saint-Brieuc. Il a le grade de chef de bataillon en janvier 1952.

Le 28 juillet 1952, Bigeard, à la tête du 6e BPC, débarque à Haiphong pour un troisième séjour en Indochine et prend ses quartiers à Hanoï. Le 16 octobre 1952, le bataillon est parachuté sur Tu Lê et affronte durant huit jours les régiments des divisions Viet Minh 308 et 312. L'unité se distingue à nouveau lors de la bataille de Na San (parachutage dans la cuvette de Ban Som le 27 décembre 1952), lors de l'opération Hirondelle sur Lang Son le 17 juillet 1953 et lors de l'opération Castor sur Dien Bien Phu le 20 novembre 1953.

Le 31 décembre 1953, il prend le commandement du GAP n° 417, constitué du II/1er RCP et du 6e BPC, et intervient au moyen Laos entre Thakhek et Savannakhet vers lesquelles deux divisions Viet Minh se dirigent.

Parachuté, le 16 mars 1954, alors que le sort de la bataille de Dien Bien Phu est scellé, le commandant Bigeard est nommé lieutenant-colonel lors des combats et devient l'un des héros de la cuvette en combattant avec son bataillon sur les points d'appuis Éliane 1 et 2, mais surtout en codirigeant les troupes d'intervention du camp retranché avec le colonel Langlais.

Le lieutenant-colonel Marcel Bigeard est fait prisonnier le 7 mai 1954 lors de la chute du camp. Libéré quatre mois plus tard, il quitte définitivement l'Indochine le 25 septembre 1954.

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RAOUL SALAN

Réclamé par le Général Leclerc, il est nommé, en octobre 1945, commandant des troupes de Chine et d'Indochine du Nord. Alors qu'il dirige les troupes coloniales, fin 1950, le Général de Lattre l'appelle en Indochine et en fait son adjoint opérationnel puis le commissaire de la République du Nord-Vietnam.
A la mort du Général de Lattre de Tassigny le 11 janvier 1952, il devient commandant en chef des forces françaises en Indochine. Il quittera l'Indochine le 28 mai 1953 à bord du paquebot "La Marseillaise".
Retour en Indochine le 8 juin 1954 après la chute de Điện Biên Phủ, il s'efforcera d'appliquer les accords de Genève. En désaccord avec le Général Ély il quitte définitivement l'Indochine et embarque sur le paquebot "Viêt-nam" le 9 octobre 1954.

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Vo Nguyen Giap

En 1944, il fonde l'Armée populaire vietnamienne (APV). Il étudie les luttes de partisans en Chine et en URSS ainsi que les théories de Carl von Clausewitz. Après le coup de force des Japonais du 9 mars 1945, il profite de la disparition de l'administration française pour intensifier le recrutement de membres du Viêt-Minh.

Le 8 mars 1946, le général Salan, commandant des forces françaises de l'Indochine du Nord, reçoit à sa demande, à Hanoï, Võ Nguyên Giáp qu'il ne connaît pas directement. Il vient discuter des conditions d’application, sous l'aspect militaire, de la convention franco-vietnamienne signée le 6 mars précédent. Ces discussions conduisent, le 3 avril, à la signature d'un accord entre le général Salan et Võ Nguyên Giáp. Les deux hommes se revoient le 7 avril 1946 au matin, quand Nguyên Giáp se rend au domicile du général Salan pour offrir à son épouse un petit paravent laqué (leur fille Dominique étant née trois semaines plus tôt), et, le soir, lors d’un dîner avec Hồ Chí Minh, dîner au cours duquel les différends relatifs à l'application des Accords de mars apparaissent au grand jour.

Au cours de la conférence préparatoire de Đà Lạt, du 17 avril au 11 mai 1946, le général Salan, alors chef de la mission militaire française, a pour principal interlocuteur Võ Nguyên Giáp avec lequel il noue des relations personnelles au cours des soirées suivant les séances officielles. Giáp aurait été alors jusqu'à offrir à Salan le commandement des troupes de la République démocratique du Viêt Nam.

Giap retrouve Salan à Hanoï le 16 mai suivant, au cours d’un dîner informel, avant d’accompagner Hồ Chí Minh à la conférence de Fontainebleau avec Phạm Văn Đồng, le diplomate, resté alors à Paris. Quand le général Salan revient en Indochine le 19 mai 1947, c'est la guerre. Jusqu'à son retour en métropole le 28 mai 1953, il trouve face à lui un adversaire implacable en la personne de Võ Nguyên Giáp. Le généralissime étant d'autant plus impitoyable depuis la mort de son père en 1947, torturé par les Français. En son nom, un diplomate vietnamien viendra saluer au Val de Grâce en juillet 1984 la dépouille du général Salan, devenu entre-temps l'ancien chef de l'OAS. Ainsi Raoul Salan occupa une grande place dans la vie de Võ Nguyên Giáp, qui le tenait en haute estime.

Võ Nguyên Giáp devient ministre, chargé des forces de sécurité du premier gouvernement Hồ Chí Minh, et, à ce titre, organise des « purges », dont sera victime en 1951 le lieutenant-général Nguyen Binh. En 1946, il est nommé ministre de la Défense nationale de la République démocratique du Viêt Nam. C'est lui qui dirige les actions militaires contre les Français. Il est notamment le vainqueur de la bataille de Ðiện Biên Phủ (mai 1954), qui entraîne la signature, en juillet 1954, des accords de Genève qui instaurent une partition du pays le long du 17e parallèle et à l'issue desquels la France quitte la partie nord du Viêt Nam.

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Ho Chi Minh

Hô Chi Minh, de son vrai nom Nguyên Tat Thanh ou Nguyên Ai Quôc, est à l'origine du Vietnam moderne.

Fils d'un intellectuel rebelle, le jeune homme entreprend en 1911, après ses études, un long voyage autour du monde, en travaillant comme cuisinier sur des bateaux. On le voit aussi à Paris, aide-cuisinier à l'hôtel Ritz... 

Militant communiste et anticolonialiste de la première heure, il participe à la fondation du parti communiste français, au congrès de Tours, en 1920, et dénonce la présence française en Indochine.

Il est invité un peu plus tard à Moscou et le Komintern (Internationale communiste) l'envoie en Chine pour participer au développement du mouvement communiste aux côtés de Mao Zedong. À Hong-Kong, en 1930, il fonde le Parti communiste indochinois.

En mai 1941, pendant l'occupation japonaise, il fonde le Vietminh ou Front pour l'indépendance du Viêt-nam (on écrit aussi Viêt-Minh) avec Pham Van Dong et Vô Nguyên Giap.

Réfugié à Canton, en Chine, il est jeté en prison par le chef chinois anticommuniste Tchang Kaï-chek mais les Alliés anglo-saxons forcent celui-ci à le libérer. Le révolutionnaire adopte alors le surnom d'Hô Chi Minh (Celui qui éclaire) et prend la direction de la résistance contre les Japonais en Indochine même.

Hô Chi Minh proclame l'indépendance de son pays sitôt après le départ des Japonais, le 2 septembre 1945. Il proclame unilatéralement la République Démocratique du Viêt-nam dont il devient le président.

Mais il se heurte d'une part aux ambitions hégémonique de la Chine, d'autre part, à la volonté du général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la République française, de rétablir la souveraineté de la France dans toutes ses anciennes colonies.

Un accord d'autonomie, négocié avec Jean Sainteny, commissaire de la République, est remis en cause par les jusquauboutistes des deux camps et son échec débouche sur une première guerre d'Indochine (1946-1954). Elle voit s'affronter le Vietminh et l'armée française.

Les accords de Genève consacrent en 1954 l'indépendance de l'Indochine mais aussi la partition du Vietnam avec, au sud du 17e parallèle, le Sud-Vietnam pro-occidental, et au nord, le Nord-Vietnam communiste et dirigé par Hô Chi Minh.

Dans le contexte de la « guerre froide » entre les États-Unis et les puissances communistes, Hô Chi Minh obtient le soutien de l'URSS et en profite pour envahir le Sud-Vietnam. Celui-ci est aussitôt secouru par les Américains. Il s'ensuit une seconde guerre d'Indochine (1963-1975).

Hô Chi Minh meurt avant le triomphe de son camp et la réunification du Vietnam. Saigon, capitale de l'ancien Sud-Vietnam, est rebaptisée de son nom.

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Mao Zedong

Ce 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame en grande pompe sa victoire depuis le balcon de la place Tiananmen à Pékin et célèbre la Chine nouvelle, qui a une particularité et de taille: elle est désormais communiste.

Quel impact sur l'Indochine qui, au-delà du fait de partager une frontière de plus de 700 kilomètres avec la Chine, n'a pas grand-chose à voir avec elle? C'est qu'une grande partie des combattants qui se sont soulevés contre la présence française en Indochine partagent un idéal commun avec la Chine de Mao: le communisme.

Le Vietminh, organe politique communiste, organise la résistance contre les troupes françaises en Extrême-Orient. Dirigé par Hô Chi Minh, leader de la résistance communiste retranchée dans la jungle du Tonkin, cette partie nord de l'Indochine où ont lieu la majorité des combats depuis 1946, il s'appuie sur une armée, l'Armée populaire vietnamienne (APVN) commandée par le général Giap. Cette armée tend régulièrement des embuscades aux troupes françaises et parvient à infliger des pertes qui usent le moral des soldats coloniaux.

En cette fin d'année 1949, le scénario que l'état-major français redoutait tant prend finalement forme. Mi-décembre, lors de la Conférence des syndicats vietnamiens, un accord est passé entre Hô Chi Minh et la Chine communiste, qui apporte désormais un soutien massif aux troupes de l'Armée populaire vietnamienne. À cette occasion, Hô Chi Minh déclare: «Nous nous sommes donc définitivement placés dans le camp démocratique, nous nous sommes joints au bloc des 800 millions d'hommes qui luttent contre l'impérialisme.»

«Les succès de l'Armée rouge en Chine influèrent considérablement sur les données du problème indochinois», confirme Michel Bodin.

L'entrée de la Chine, certes indirecte, dans le conflit, va en renverser les données. «L'Indochine devient un front chaud de la Guerre froide», estime Michel Bodin. Ce soutien se traduit très concrètement, dès décembre 1949, par la livraison de «50.000 fusils, de 200 fusils-mitrailleurs, de 100 mitrailleuses (DCA) et de 20 mortiers depuis la Chine», détaille l'historien.

Dans le même temps, «les effectifs se renforcent car l'Armée populaire vietnamienne peut recruter, en offrant du riz et des armes», explique Ivan Cadeau, historien militaire spécialiste de l'Indochine. À partir de décembre 1949, «des régiments entièrement nouveaux retournent au Tonkin, munis d'un armement équivalent à celui des formations du corps expéditionnaire français», note le général Yves Gras dans Histoire de la guerre d'Indochine. «C'est le début de la formation des grandes unités», écrira le général Raoul Salan dans ses mémoires sur la guerre d'Indochine.

GRANDES BATAILLES

RC4 - Octobre 1950
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Dien Bien Phu - Mars/Avril/Mai 1954
Indochine
FILMER LA GUERRE D'INDOCHINE 2019 (SANS FILTRE) | DOCUMENTAIRE | Complet | Entier
Cao Bang, les soldats sacrifiés d'Indochine
DIEN BIEN PHU (1992) Trailer Bande annonce VF (Eng Sub)
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CONTEXTE

LA GUERRE FROIDE

Très important de connaitre le contexte dans lequel se déroule la guerre d'Indochine pour en comprendre certaines décisions.

Un énorme travail d'archives, de mise en couleur et de montage a été réalisé à ce sujet sur cette période par les équipes de France Télévision. 

Ce sont des images/témoignages plus qu'intéressant, si vous avez le temps, regardez tout ca !

La guerre d'Indochine est narré par bouts entre le premier et le 4 ème épisodes. La bataille de Dien Bien Phu plus particulièrement dans 4 ème épisodes à partir de 23 minutes.

Été 1945. Alors que les peuples victorieux célèbrent le retour à la paix, un rideau de fer tombe entre ceux qui furent autrefois alliés. Pendant cinquante ans, le bloc de l'Est communiste affronte le bloc de l'Ouest, dominé par les Américains. C'est la guerre froide, la guerre des mondes. En Indochine, en Corée, au Vietnam, les grands se font face par peuples interposés. Et la toute nouvelle arme nucléaire fait peser sur l’humanité la menace d’une nouvelle apocalypse.

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LIVRES

Recueillant les témoignes d'anciens combattants, ces livres permettent de vous plonger dans l'atmosphère des combats, de la vie quotidienne des soldats. Au delà d'un simple récit, cela nous fait revivre ces moments tragiques que sont les batailles ou les morts, d'une guerre que l'on veut oublier.

 

A lire avec l'accord de vos parents.

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FILMS

Réalisés par Pierre Schoendoerfer, ces deux films sont de véritables témoignages de la réalités des combats en indochine.

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A voir avec l'accord de vos parents aussi.

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